Aire (paroisse Saint-Pierre) 03.04.1726 – Marchélepot (Somme) 30.08.1776. Écuyer, officier réformé du régiment de cavalerie Royal-Cravattes, premier échevin, grand bailli de la gouvernance d’Arras.
Élu en 1754 pour succéder au comte de Mirabel sur le 10e fauteuil, il est reçu le 9 février 1754 par François-Floris Le Roux de Puisieux, directeur en exercice. Il est remplacé le 8 février 1777 par Eugène-Armand Blocquel de Croix, baron de WISMES.
Il est le fils de Louis François de Brandt, seigneur de Marconne, et de Marie Agnès Françoise de Tolomei. Il hérite par sa mère des titres de comte palatin, patrice romain, chevalier de l’éperon d’or, attribuées jadis par le pape aux Tolomei.
Il épouse à Arras, à l’âge de 26 ans, le 4 septembre 1752, Jeanne Catherine Mathon (1728-1765), dame d’Écoivres. Elle est la fille d’Antoine Guislain Guillaume Mathon et de Marie Catherine Joncquel d’Hauteville. Le mariage est célébré par Jean Willin, chanoine de la cathédrale d’Arras. Le marié a pour témoins son « oncle paternel à la mode de Bretagne » [cousin germain de son père] Jean François Danchin, seigneur de Fontaines-les-Boulogne, Enquin, Isbergues et autres lieux, et son cousin germain Charles Antoine Joseph Hubert, écuyer, seigneur de Mons-en-Barœul. La mariée a pour témoins son cousin germain Guillaume Antoine Dubois de Duisans, et « son oncle paternel à la mode de Bretagne » Jean Antoine Danvin, bachelier de Sorbonne, chanoine et chantre de la cathédrale.
Le couple donne la vie à sept enfants de 1753 à 1765. La naissance de la dernière, Marie Alexandrine Constance, le 24 janvier 1765, provoque indirectement, un mois plus tard, le 21 février 1765, le décès de sa mère. Jeanne Catherine Mathon est inhumée le 22 février 1765 dans l’église Saint-Géry à Arras. Ses obsèques sont présidées par Louis François de Haynin député général et ordinaire de la noblesse aux États d’Artois.
En mars 1758, Alexandre de Brandt est nommé comte par lettres patentes de Louis XV. Brillant, imbu de sa noblesse, il accepte, sur les instances de l’intendant Le Fèvre de Caumartin, la place d’échevin noble de la ville d’Arras, « complétant ainsi le service de l’épée par le service civil ». C’est à ce titre, qu’alerté par des plaintes diverses, il s’oppose en 1758 à des abus dans l’administration de la ville et accuse Charles Antoine de Gouves, procureur du roi syndic d’Arras, de prévarication et d’imprudences financières. Le conflit s’envenime en 1760, quand de Brandt, injurié et menacé en public par de Gouves, demande réparation au Conseil d’Artois, cependant que de Gouves monte l’échevinage entier et les représentants du tiers-état d’Artois contre de Brandt et le Conseil d’Artois. L’affaire, révélant que le corps municipal n’hésite plus à s’opposer à la haute magistrature, devient querelle d’institutions, et elle remonte jusqu’au Grand Conseil à Paris, qui, en 1762, donne tort à de Gouves et confirme la supériorité du Conseil d’Artois au criminel.
En 1769, Brandt de Marconne accède à la charge de grand bailli d’Arras, devenant ainsi chef de la gouvernance et chef de la ville d’Arras. Toujours aussi intransigeant, il continue à s’opposer aux échevins en réclamant et obtenant en 1775 des droits étroits de contrôle sur la municipalité.
Élu à l’Académie en 1754, il y côtoie son « ennemi » Charles Antoine de Gouves ! Nommé directeur pour l’année en 1756, il reçoit à ce titre Louis François d’Aix de Roeux. Il reste académicien jusqu’à son décès en 1776
Veuf, âgé de 47 ans, il décède accidentellement au cours d’un voyage, le 30 août 1776, à Marchélepot (Somme). Il y est inhumé le lendemain dans l’église. Un service solennel est célébré dans sa paroisse Saint-Géry à Arras le 3 septembre 1776, en présence du comte de Brandt de Galametz son fils ainé, et d’Albert François de Wavrin, comte de Villers-au-Tertre, sénéchal héréditaire de Flandre, député général et ordinaire de la noblesse aux États d’Artois.
Alexandre de Brandt étant le premier académicien décédé depuis l’érection de la Société littéraire en Académie Royale en 1773, il est le premier à « bénéficier » d’un nouveau type de faire-part. Le 18 mars 1777, l’Académie fait afficher l’annonce mortuaire suivante :
« Messieurs et Dames
Vous êtes priés de la part de Messieurs de l’Académie royale des belles lettres d’Arras, de leur faire l’honneur d’assister au service qu’ils feront célébrer samedi 22 mars 1777, à onze heures précises, en l’église des RR PP Dominicains, pour le repos de l’âme de Messire Alexandre-François-Ignace de Brandt, chevalier, comte de Brandt, seigneur de Marconne, Galametz, Valentin, Orville, Amplier, Caumesnil, Duprez, de Beugny et autres lieux, Grand-Bailli héréditaire pour le roi des ville, cité, baillage royal et gouvernance d’Arras, lieutenant de Nosseigneurs les maréchaux de France au département dudit Arras, l’un des Trente de ladite Académie, décédé à Marchélepot, le 30 août 1776 ».
De profundis. Requiescat in pace. Amen.
Cette formule resta en usage jusqu’à la Révolution.
Son fils aîné, Jean-Alexandre-Marie de Brandt, comte de GALAMETZ, né en 1753 à Arras, devient académicien à son tour, en 1783.
Sources
État civil : naissance, AD 62, 5 MIR 014/8, p. 1203/1251 ; mariage, AD 62, 5 MIR 041/5, p.460-461/1343 ; décès de son épouse, AD 62, 5 MIR 041/6, p. 14 et 18-19/1186 ; décès, AD 62, 5 MIR 041/6, p. 695/1186.
Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 447.
VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 36, 52, 53, 70-71, 235.
HAUTECLOCQUE Gustave de, « Inventaire des archives de l’Académie d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XXVIII [1897], p. 51, 52.
SUEUR Philippe, Le Conseil provincial d’Artois (1640-1790), 1978., p. 740-744, 749.
DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 15-16, 18, 31, 40.