Arras (paroisse Sainte-Croix) 27.10.1741 – Arras 16.07.1814. Écuyer, seigneur de Bermicourt, Libessart et autres lieux, conseiller ordinaire du Roi au Conseil d'Artois.

Élu en 1769 pour succéder à l’avocat Pierre-François Le Roy de Buneville sur le 16e fauteuil, il est reçu par Josse Binot, directeur de l’année. Il occupe son siège jusqu’à la Révolution. 

Il est le 3e des six enfants de François Ignace Rouvroy de Libessart (1694-1752), avocat au Conseil d’Artois et échevin d’Arras, et de Brigitte Pélagie de Merlaud, sœur du conseiller Merlaud. C’est par son grand-père qui en avait hérité, qu’il devient seigneur de Libessart, fief situé à Pierremont.

Il acquiert et exerce une charge de conseiller au Conseil d’Artois où il est reçu le 12 octobre 1765. Il remplace Guillaume Mertin de Rasière. Il est encore en service à la suppression du Conseil en septembre 1790.

Le 23 avril 1769, il épouse en l’église de Sainte-Marie-Madeleine à Arras, Marie Catherine Hélène Joseph Cauwet. Elle est la fille de Louis Joseph Cauwet de Baly, receveur général des États d’Artois, et de Marie Catherine Angélique Cochet. Les témoins, outre le père de la mariée, sont Antoine François Joseph Woorm, époux d’Angélique Rouvroy sœur du marié, ancien conseiller au Conseil d’Artois, Louis Joseph Cochet, conseiller du Roi, juge gardien du titre des monnaies à Lille, oncle maternel et parrain de l’épouse, et Charles François Lefebvre, écuyer seigneur de Gouy, cousin germain de l’époux.

Son beau-père le fait entrer à l’Académie quelques semaines avant le mariage en mars 1769, en même temps que Jean Fruleux, son petit cousin issu de germain.

Le couple donne la vie à trois enfants : Louis Ferdinand Joseph (1771-1826), Guillaume François Joseph (1772-  ) et Marie Rosalie Joseph (1775-1812) qui épousera le 20 mars 1797 Joseph Norbert Duquesnoy, neveu d’un autre académicien Pierre Philippe Duquesnoy, descendant des Lallart par les Harduin.

ls seront rapidement orphelins de leur mère qui décède à Arras le 2 janvier 1779, à l’âge de vingt-huit ans. Elle est inhumée le lendemain au cimetière Saint-Nicaise. Le deuil est conduit par son frère Pierre Antoine Louis Cauwet, avocat, et par l’abbé de Notre-Dame d’Hénin-Liètard, Benoit Sproit, député ordinaire des États d’Artois.

Le journal des séances tenu par le secrétaire Dubois de Fosseux à partir de la fin de l’année 1785, permet de constater la présence de Jacques Rouvroy de Libessart à une dizaine de séances chaque année, sans qu’il y prenne une part active. La séance du 14 juillet 1789 est la dernière à laquelle il participe.

Il fait partie des députés de la noblesse aux Etats généraux d’avril 1789. Il est inscrit sur la liste des suspects, détenu un temps pendant la Terreur, remis en liberté. Il émigre.

Rentré sous le Consulat, il retrouve une position sociale. Mais il refuse de se compromettre avec le régime issu de la Révolution : désigné par arrêté du 1er Consul du 14 floréal an VIII comme second adjoint au maire d’Arras, il n’accepte pas cette fonction. Cependant il accepte de prendre sa place dans les institutions « légitimes » mises en place après la chute de Napoléon. Dans les premières semaines de la Restauration, il est membre du collège électoral du département du Pas-de-Calais, et membre du conseil municipal d’Arras. Mais il meurt avant d’avoir pu y jouer un rôle actif.

Il décède âgé de 74 ans. Son décès est constaté par son cousin germain Louis François Joseph Cochet d’Hattecourt, adjoint au maire de la ville d’Arras.

Sources

État civil : mariage de ses parents le 6 juillet 1738 à Arras (paroisse Sainte-Marie Madeleine), AD 62, 5 MIR 041/17, p.631/1388 ; naissance, AD 62, 5 MIR 041/19, p. 1299-1300/1387 ; mariage, AD 62, 5 MIR 041/17, p. 1133/1389 ; décès de son épouse M.C.H.J. Cauwet, AD 62, 5 MIR 041/6, p. 864-865/1186 ; décès, AD 62, 5 MIR 041/52, p. 955/1392.

DUBOIS de FOSSEUX, Journal de l’Académie, compte rendu des séances (décembre 1785-mars 1792), transcrit par le chanoine Léon Berthe, Archives de l’Académie.

Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 498.

PLOUVAIN, Notes historiques relatives aux offices et aux officiers du conseil provincial d’Artois, 1843, p.65.

VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 43, 66, 67, 236.

HAIGNERÉ Daniel, « Libessart », Dictionnaire historique et archéologique du Pas-de-Calais, t. 3, Commission départementale des monuments historiques, 1884, p. 240-245.

HAUTECLOCQUE Gustave de, « Inventaire des archives de l’Académie d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XXVIII [1897], p. 53.

CHAVANON J. et SAINT-YVES G., Le département du Pas-de-Calais de 1800 à 1810, 1907, p. 95.

SUEUR Philippe, Le Conseil provincial d’Artois (1640-1790), 1978, p. 90-94.

DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 32, 41.

 

 

Arras (paroisse Sainte-Croix) 27.10.1741 – Arras 16.07.1814. Conseiller au Conseil d'Artois. Époux de Marie Catherine Cauwet de Basly.

Élu en 1769 au 16e fauteuil où il succède à l’avocat Le Roy de Buneville. Il occupe son siège jusqu’à la Révolution.