Serqueux (Seine-Maritime) 28.05.1881 – Dieppe (Seine-Maritime) 06.09.1968. Architecte en chef des monuments historiques du Pas-de-Calais, artisan de la reconstruction des monuments historiques de la ville d’Arras.
Élu le 1er mai 1936, sous la présidence du chanoine Édouard Fournier, pour succéder à Gabriel Bourdrel sur le 25e fauteuil, il est reçu le 1er juillet 1937 par le président. Il devient membre honoraire après son départ pour Dieppe au cours de l’été 1959, et il est remplacé le 11 décembre 1959 par l’architecte Henri Philippe.
Fils d’agriculteurs. Après des études à l’école des beaux-arts de Paris de 1901 à 1907 et un stage dans le cabinet de l’architecte Edmond Lemaire de Valenciennes, il est nommé architecte en chef du Pas-de-Calais par arrêté du 2 décembre 1909. Un an et demi plus tard, il cumule cette fonction avec celle d’architecte ordinaire des monuments historiques (arrêté du 12 avril 1911).
Il a épouse Marguerite Marie Lemaire (1891-1980) à Valenciennes le 27* juin 1910, dont il a 9 enfants nés à Arras entre 1911 et 1930. Il y réside, 21 rue d’Amiens.
Il participe à la Grande Guerre, dans l’infanterie territoriale comme caporal puis sergent.
Au lendemain de la guerre, Decaux reconstruit, sous la direction de l’architecte en chef des monuments historiques Pierre Paquet, les monuments classés de la ville d’Arras : cathédrale, palais Saint-Vaast, hôtel de ville et beffroi, façades des maisons des places. Associé jusqu’en 1938 à l’architecte parisien Edouard Crevel (1880-1969), il œuvre également pour des particuliers et des coopératives communales de reconstruction. À ce titre, on retiendra notamment les églises de Noreuil, Hermies et Saint-Laurent-Blangy (démolie en 1981) pour leur originalité. L’entre-deux guerres est l’occasion de quelques constructions majeures, en particulier le palais de justice de Béthune de style art déco (1930), le sanatorium d’Helfaut (1929-1933) et l’école d’agriculture de Tilloy-lès-Mofflaines (1923). Decaux démissionne du poste d’architecte départemental en 1950 et quitte Arras en 1959. Il a été président de la Société régionale des Architectes du Nord de la France, président du Conseil régional de l’Ordre des architectes (1951) et membre actif de la Commission départementale des monuments historiques du Pas-de-Calais. Au sein de l’Académie d’Arras, il n’a laissé que son discours de réception consacré à l’histoire de la construction de la cathédrale d’Arras. Son fonds, conservé aux Archives départementales du Pas-de-Calais (sous-série 45 J), comprend outre les plans et quelques dossiers, une remarquable collection de plaques photographiques illustrant principalement les chantiers de la reconstruction.
Il décède en son domicile de Dieppe, le 6 septembre 1968, âgé de quatre-vingt-sept ans.
Chevalier du mérite agricole (13 décembre 1924), chevalier de la Légion d’honneur au titre du ministère des Travaux publics (30 juillet 1930), officier de l’Instruction publique
Sources
État civil : naissance, AD 76, 4 E 11816 , p. 10/20 ; mariage, AD 59, 1 Mi EC 606 R 037, p. 426-427/581 ; décès, mention marginale sur l’acte de naissance
AGHORA, base de données de l’Institut national d’histoire de l’art, notice Paul Decaux.
BRÉEMERSCH Pascale, « Le fonds Paul Decaux aux Archives départementales du Pas-de-Calais », Images de la reconstruction. Arras 1918-1934, Dainville, 1997, p. 18-19.
MARCHAL Gaston-Louis et WINTREBERT Patrick, Arras et l’art au XIXe siècle, Mémoires de la Commission d’histoire et d’archéologie du Pas-de-Calais, t. XXIV, Arras 1987, p. 79.
FOURNIER Édouard, Réponse au discours de réception de P. Decaux, Mémoires de l’Académie d’Arras, 3e série, t. XIV (1935-1937), p. 160-179.
Le Grand Écho du Nord de la France, 2 août 1930 (article biographique paru à l'occasion de la distinction de P. Decaux au grade de chevalier de la Légion d'honneur).