Arras 20.05.1875 – Arras 04.03.1955. ancien épicier, ancien secrétaire de la mairie d'Arras et poète patoisant.,
Élu le 31 janvier 1947, sous la présidence de Jules Savagner, pour succéder au docteur Jacques Woillez sur le 16e fauteuil, il est reçu le 26 juin1947 par le docteur Émile Poiteau. Il est remplacé le 9 mars 1956 par Roger Mahut
D’origine modeste, Léon Lemaire est l’aîné des trois enfants fils d’Auguste Émile Lemaire, garçon de magasin puis épicier, rue Méaulens à Arras, et d’Élise Julie Dambrine
Épicier à son tour, il épouse Suzanne Petit (1884-1904), fille d’un menuisier, le 21 mai 1901. Ils ont deux enfants. Son épouse décède à Arras le 13 août 1904 quelques mois après avoir mis au monde son deuxième enfant. Il se remarie le 12 septembre 1906 avec Louise Aubron (1884-1937), fille d’une couturière. Ils ont un fils.
Mobilisé le 3 août 1914 au 5e régiment territorial d'infanterie, il est nommé caporal le 9 mars 1915, et affecté comme gendarme auxiliaire à la 6e Légion.
Il devient secrétaire de la mairie d’Arras entre les deux guerres, après en avoir dirigé le service comptabilité.
Léon Lemaire, selon Maurice d’Hartoy, prend goût à la « poésie patoise » en écoutant le « P’tiot mineur » au cours d’un divertissement littéraire organisé en 1908 par une société artistique d’Arras. Chantre délicat et sentimental de l’Artois, et bon poète patoisant, il reçoit la plus haute récompense du concours des Rosati d’Artois en 1912 pour Gins d’chez nous. L’année suivante, il est couronné par les Rosati de Paris pour les paroles et la musique de L’couquer d’nou mioche, berceuse moins vive mais plus tendre que le P’tit Quinquin de Desrousseaux. En juin 1914, les Rosati le récompensent encore pour le sonnet Ech viux baudet. Il est aussi l’auteur de plusieurs recueils de poèmes Autour du beffroi d’Arras (1909), Les Chants d’ein Chicourt, Éclats de patois (1921) et plus tard, Racontaches d’ein boïeu rouche.
Secrétaire des Rosati en 1932, il en devient le chancelier en 1952. Après avoir longtemps boudé le patois picard, l’Académie le reçoit en 1947. Maurice d’Hartoy, dans un vigoureux éloge du patois, invite l’Académie à se souvenir que Dubois de Fosseux a accueilli Robespierre en 1786 par ces vers :
Chéz Rosati ! Hé ! V’nez tertous
Y fait mélieu ichi qu’cheu nous !
El tabe est déjà prête.[…]
Il est admis à l'Académie d'Arras en 1947 et en est membre résidant jusqu'à son décès.
Il décède à Arras à l’âge de 79 ans.
Officier d’académie pour services rendus aux lettres, (JO du 31 décembre 1949 p. 12529), en même temps que Jules Savagner, Charles Hollart et Léonce Petitot.
Sources
État civil : naissance, AD 62, 5 MIR 041/40, p. 1167/1301 ; mariage avec Suzanne Louise Petit, AD 62, 3 E 041/460, p. 45/105 ; mariage avec Louise Aubron, AD 62, 3 E 041/465, p. 67/104 ; décès, mention marginale sur son acte de naissance.
Position militaire : matricule 221, Arras 1895, AD 62, 1 r_7087, 3 E 041/501, p. 371-372/866.
Arch. des Rosati, Louis Caudron, Histoire des Rosati du vingtième siècle.
HARTOY d’ Maurice, « Préface », Racontaches d’ein boïeu rouche, Arras, 1947, p.5 à 11.
Gérard Devulder