Arras (paroisse Saint-Étienne) 13.10.1728  - Saint-Nicolas 05.12.1791. Prêtre licencié en droit, chapelain de la cathédrale et notaire apostolique du diocèse.

Élu en 1756 pour succéder à Louis François Palisot de Warluzel sur le 30e fauteuil ; il est reçu par Jean Baptiste Denis, chancelier, le 12 juin 1756. Son fauteuil est attribué en 1817, lors de la restauration de l’Académie, à Norbert Joseph Duquesnoy.

Il est le second des sept enfants de Pierre Joseph Delys et de Marie Anne Leconte. Son père est successivement « maître à escrire de Messieurs les pensionnaires du collège d’Arras » (1725), commis assermenté du greffe du Conseil d’Artois (1731), puis, plus tard (1763), notaire apostolique du diocèse d’Arras.

Louis Delys, licencié en droit, est chapelain de la cathédrale et notaire apostolique du diocèse d'Arras quand il est reçu avocat au Conseil d’Artois en 1759.

Peu après son ordination sacerdotale, il avait fondé, en octobre 1753, avec un jeune confrère, l’abbé Pierre Charles François Moncomble (1715-1794), une Société Ecclésiastique pour étudier les sciences propres à l’état ecclésiastique. Elle regroupe en 1762 une vingtaine de de chanoines et de curés arrageois.

Il est admis à l’Académie d’Arras en 1756, âgé seulement de 28 ans. Il s’y montre immédiatement très actif, donnant chaque année, jusqu’à son départ à Saint-Omer en 1766,  une ou deux communications sur des sujets aussi divers que l’histoire ecclésiastique, l’économie politique, les sciences naturelles, l’agronomie, la météorologie. Pendant cette période il est élu directeur à deux reprises : en 1759, année où il reçoit Louis Albert Bayart, et encore en 1763, où il reçoit Ferdinand Dubois de Fosseux, Joseph François Le Merchier et l’abbé Pierre Pauchet.

Il quitte Arras pour Saint-Omer en 1766, répondant à l’appel du nouvel évêque Louis-Hilaire de Conzié. Nommé chanoine, il est principal du collège dont les Jésuites ont été chassé quelques années plus tôt. L’année suivante, en 1767, protonotaire apostolique, vice régent de l’officialité diocésaine, il accompagne son évêque dans les tournées pastorales qui nécessitent la présence d’un juriste.

Lorsque Mgr de Conzié quitte Saint-Omer pour l’évêché d’Arras, le 21 août 1769, il emmène avec lui le chanoine Delys. Il en fait l’un des bénéficiers les plus rentés de la cathédrale, le secrétaire du chapitre, et l’un de ses huit vicaires généraux, « le » légiste de l’administration diocésaine.

Quand vient la Révolution, Louis Delys joue un rôle actif dans l’élection des délégués du clergé aux États Généraux en avril 1789. Mais il est hostile à la transformation du statut du clergé et il signe le 21 décembre 1790, la protestation du chapitre contre l’obligation de se dissoudre. Désemparé par l’exil de son évêque à Tournai, refusant le serment constitutionnel, sans aucune fonction, il s’installe à Saint-Nicolas « en Méaulens » aux portes d’Arras, où il meurt le 5 décembre 1791, âgé de 63 ans. Il échappe ainsi aux représailles qui vont s’abattre sur les membres du clergé demeurés fidèles à leurs convictions.

Louis Delys est inhumé le 6 décembre 1791 dans le cimetière paroissial de Saint-Nicolas, en présence de son frère cadet, Dominique Guillaume Joseph Delys, greffier du district du tribunal de Béthune, et de son vieil ami Pierre Charles François Moncomble, « prêtre de la ville d’Arras », (ancien chapelain de la cathédrale d’Arras), qui avait fondé avec lui en 1753 la Société Ecclésiastique. Moncomble rejoindra en 1791 les prêtres exilés autour de leur évêque à Tournai, mais rentrera à Arras après la prise de Tournai par les armées révolutionnaires (novembre 1792). Il est arrêté pendant la Terreur, condamné à mort et guillotiné le 12 messidor an II (29 juin 1794).

Communications à l’Académie d’Arras

Dissertation sur la diversité des langues « où l’on établit que cette diversité est nuisible aux sciences proprement dites » (1756).

Mémoire sur la vie de François Richardot, évêque d’Arras (1758),

Note sur un article du Mercure de France (1758),

le Baromètre (11 février 1758), 

Avantages et les inconvénients qui peuvent résulter de l’augmentation considérable des fermages (1759

Observations météorologiques faites en 1760 (1760).

Les abeilles, les charançons, etc (1761).

La séparation des diocèses d’Arras et de Cambrai (1761).

Observations météorologiques à Arras (1762),

L’époque de la conversion des Atrébates (1763).

Le seigle ergoté (1765).

Les Artésiens illustres (1766).

L’éducation des abeilles, (1766).

Publication

Lettre astronomique sur la lune pascale. 1756.

Sources

État civil : naissance, AD 62, 5 MIR 041/16, p.480/1382 ; décès, AD 62, 5 MIR 764/1, p. 595/1331.

La France littéraire contenant I. les Académies établies à Paris et dans les différentes villes du Royaume…, Paris, 1769.

AD 62, Liste des personnes guillotinées à Arras du 14 ventôse an II (2 février 1794) au 17 pluviôse an III (5 février 1795) dressée par Alexandre Godin, 39_Ms 30 ( folio 7).

Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 463, 464, 465, 468, 475, 476,477, 478, 493, 494.

VAN DRIVAL, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 37, 66, 67, 150, 282, 283.

DERAMECOURT Augustin, Le Clergé du diocèse d’Arras pendant la Révolution, t I, 1886, p. 12, 312, 392 ; t II, p. 101.

HAUTECLOCQUE de Gustave, « Inventaire des archives de l’Académie d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XXVIII [1897], p. 52, 61, 62.

COOLEN Georges, La Vierge de Bourbourg et Mgr L. de Conzié, Bulletin de la Société des Antiquaires de la Morinie, volume 16, années 1938-1945.

BERTHE Léon, Dictionnaire des correspondants de l’Académie d’Arras au temps de Robespierre, 1969, notice 313, p. 78.

BERTHE Léon, Dubois de Fosseux secrétaire de l'Académie d'Arras, 1785-1792, et son bureau de correspondance, 1969, p.122, 127, 129, 138.

DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », 2007, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 20, 41.

Michel Beirnaert