Arras (paroisse Saint-Géry) 24.01.1702 – Arras (paroisse Saint-Géry) 20.08.1750. Avocat au Conseil d’Artois.

Installé sur le 30e fauteuil lors de la séance solennelle inaugurale du 14 juin 1738, membre fondateur. Il est remplacé le 16 juin 1742 par Pierre Pierre Léonard Le François du Fetel

Il est le troisième des fils d’Antoine Lagneau, procureur au Conseil d’Artois et de Marie-Thérèse Hinain. Il a pour parrain Louis François Hinain, bachelier en droit de Paris et pour marraine Jeanne Marguerite Cuvelier.

Le 8 mai 1724, il épouse à Arras, en l’église Notre-Dame-au-Jardin (la Chapelette), Jeanne Louise Antoinette Deligny, en présence de Jean Nicolas Dupont et de François Hurtrel. Le couple aura quatre enfants entre 1725 et 1731.

Académicien de la première heure, il participe en 1740 aux travaux de recherche sur l’histoire de la province d’Artois et se voit chargé dans ce but de lire la collection des Anciens auteurs des Pays-Bas par Iwertius [Swertius]. « Sa mort prématurée fut l'objet de regrets consignés par les mémorialistes » (Besnier).

Il fait partie de l’élite administrative de la province d’Artois, échevin d’Arras à son tour et trois fois député ordinaire du tiers état aux États d’Artois. Il est aussi franc maçon.

Son épouse décède à l’âge de 42 ans, le 12 mai 1744, « sur la paroisse de la Chapelette aux Jardins ». Elle est inhumée le surlendemain dans l’église paroissiale de Saint-Géry « vis à vis l’autel de la Vierge». Le deuil est conduit par son mari et par Valérie Delagrange, abbé commendataire de l’abbaye de la Sainte-Larme à Selincourt en Picardie, chanoine de la cathédrale d’Arras.

Veuf, il décède le 20 août 1750, à l’âge de 48 ans, dans sa paroisse de Sainte-Croix, et il est inhumé le surlendemain dans l'église Saint-Géry, en présence de son fils Louis François Joseph Lagneau, officier au 1er bataillon de la milice d’Artois, et de Charles François Ignace, comte de Lannoy de Beaurepaire, député ordinaire de la noblesse pour les États d’Artois.

Georges Besnier dans Les Trente fauteuils de l'Académie d'Arras a confondu l’avocat Louis François Lagneau et son frère le jésuite Antoine Joseph Lagneau « régent au collège d’Amiens, (où il a comme élève le futur poète et dramaturge Jean-Baptiste Gresset, élu à l’Académie française en 1748), puis principal du collège d’Arras où il meurt » [le 26 octobre 1748, (AD 62, 5 MIR 041/61, p. 271/1244]. La confusion était possible, car les sources initiales, le père Ignace et Eugène Van Drival, ne donnent pas les prénoms des académiciens, et seul le père Ignace précisait « avocat » à côté du nom Lagneau.

Sources

État civil : mariage de ses parents Antoine Lagneau et Marie Thérèse Hivain, le 16 avril 1697, AD 62 5 MIR 041/3, p. 641/1365 ; naissance de leurs trois fils, Antoine Joseph Lagneau né en 1698, AD 62, 5 MIR 041/3, p. 674/1365 ; Gilles François Lagneau en 1699, AD 62, 5 MIR 041/3, p. 710/1365 ; Louis François Lagneau né en 1702, AD 62, 5 MIR 041/3, p. 799/1365 ; mariage de Louis François Lagneau : AD 62, 5 MIR 041/22, p. 436/553 ; décès de son épouse Jeanne Louise Deligny, AD 62, 5 MIR 041/20, p. 101/1418 ;  son inhumation dans l’église Saint-Géry, AD 62, 5 MIR 041/4, p. 1124/1309 ; décès de Louis François Lagneau, AD 62, 5 MIR 041/20, p. 416/1418 ; son inhumation à Saint-Géry, AD 62, 5 MIR 041/5, p. 301/1343.

Coutumes locales, tant anciennes que nouvelles de la loi, banlieue et échevinage de la ville d’Arras…, 1746, p 8.

Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 352.

VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p . 13, 21, 24, 72-73, 223, 239.

CARDEVACQUE Adolphe de , « Lagneau », cité dans « Galhault », in « Voyage autour de mon fauteuil », Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XIV [1883], p.254.

BESNIER Georges, « Les trente fauteuils de l'Académie d'Arras », Courrier du Pas de Calais, 20-26 avril 1937.

LEGAY Marie Laure, « Peut-on définir une élite administrative provinciale ? Le cas artésien (XVIe-XVIIIe siècles)», Revue du Nord 1999, p. 705-721.

DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », 2007, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 20, 23, 85.