Crépy-en-Valois (Oise) (paroisse Saint-Thomas) 13.01.1731 - Griselles (Loiret) 11 brumaire an 10 (2 novembre 1801). Docteur en théologie, chanoine de Saint-Pierre de Lille.
Élu le 6 février 1762 pour succéder à Louis Guillaume François d'Attecourt sur le 21e fauteuil (ancien) ; radié en 1769, il est remplacé par le baron Ange Joseph Rémi Deslyons de Bavincourt.
Il est le fils de Charles Leclerc de Montlinot, premier président au bailliage provincial de Valois et de sa seconde épouse, Anne Pérette de la Rochelambert.
Après d’excellentes études sanctionnées par un doctorat de théologie à Paris, il obtient une prébende à la collégiale de Saint-Pierre de Lille et s’y installe comme bibliothécaire adjoint.
Bien que ne résidant pas à Arras ni dans la province d’Artois, il est exceptionnellement admis à l’Académie d'Arras en 1762, et, présent à la séance publique du 5 avril, il lit un mémoire sur « l’état de la Flandre au milieu du XIIIe siècle ». Les archives de l’Académie ne gardent pas d’autres traces de son activité.
Il participe activement à la vie intellectuelle lilloise où il manifeste son intérêt pour les encyclopédistes. Il collabore avec l’imprimeur Charles Joseph Panckoucke qui publie en 1764 son Histoire de la ville de Lille, prétexte à un pamphlet philosophique. Il y attaque la religion dans toutes ses institutions et s’en prend au collège des chanoines dont il fait partie. Son ouvrage qui fait scandale est vigoureusement réfuté par dom E. Wartel, religieux de l’abbaye Saint-Calixte de Cysoing. La polémique fait rage et en 1766 Montlinot résigne son bénéfice, renonce à l’état ecclésiastique et gagne Paris où il se fait libraire et éditeur de libelles. Frappé d’une lettre de cachet en 1769, il est relégué à Soissons.
C’est à ce moment que l’Académie d’Arras le raye de ses listes et le remplace par le baron Deslyons de Bavincourt.
Nommé directeur du dépôt de mendicité de la généralité de Soissons modernisé par Necker, il se fait remarquer par ses efforts pour rendre les indigents autonomes en leur procurant du travail.
Pendant la Révolution, il revient à Paris où il s’occupe de nouveau de publications et d’éditions. Il y épouse à une date indéterminée Anne Françoise Charlotte Gand (ou Gaud), dont il a au moins deux filles, Adélaïde Françoise et Joséphine Zoé née en 1793.
On le retrouve sous le Directoire, en messidor an 6 (juillet 1798), chef de la 2e division du Ministère de l’Intérieur, dans un message sur les besoins et les ressources des communes, des hospices et des établissements de secours à domicile.
La plupart des sources le disent mort à Paris, mais on a retrouvé son acte de décès, le 11 brumaire an 10 (2 novembre 1801), à Griselles (Loiret), où il a acquis la propriété de Beaumarchais. Sa veuve sera présente en 1820 et 1821 au mariage à l’église Saint-Sulpice à Paris de ses deux filles, Adélaïde Françoise qui épouse Pierre Joseph Victor Krumpholtz le 9 septembre 1820 et Joséphine Zoé qui épouse le 22 avril 1826 le capitaine Jean Jacques Langlois ; Adélaïde Françoise décède le 15 décembre 1821 quatre mois après avoir mis au monde sa fille Henriette Victoire.
Publications
Histoire de la ville de Lille depuis sa fondation jusqu'en l'année 1434, Paris, Panckoucke, 1764.
Moyens de rendre les pauvres utiles, mémoire pour le concours proposé par la Société royale d'agriculture de Soissons, Lille, 1779.
Sur les moyens de détruire la mendicité en France en rendant les mendiants utiles à l'État sans les rendre malheureux, mémoire pour le concours proposé par l'Académie de Châlons, 1780.
Articles « Dépôt », « dépôt de mendicité », « galères », « mendiants », « mendicité », « maison de force », de l’Encyclopédie méthodique, t. II, Économie politique et diplomatique, Panckoucke, 1786.
Observations sur les enfants trouvés de la généralité de Soissons, 1790.
Essai sur la transportation comme récompense et sur la déportation comme peine, floréal an V (mai 1797).
Sources
État civil : naissance, AD 60, 5Mi2232, p. 635/662 ; décès, AD 45, Griselles, décès, R (1793-1802), 299 O-SUPPL 1 E/3, p. 71/81.
AN-Sous série AF/III-Les archives du directoire, Tome II-Directoire exécutif. Groupe de l’Intérieur, bureau des nominations et « notes personnelles », Inventaire. AF/III/101, dossier 445,
Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 475,
VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p . 13, 21, 24, 72-73, 223, 239.
TRENARD Louis , notice 484 « Charles Leclerc de Montlinot (1732-1801) », in Dictionnaire des journalistes (1600-1789), (http://dictionnaire-journalistes.gazettes18e.fr/journaliste/484-charles-leclerc-de-montlinot).
DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », 2007, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 20.
Michel Beirnaert