Lignereuil (?) 13.08.1678 – Amiens (paroisse Saint-Rémy) 01.04.1754. Comte de Gomiécourt, marquis de Maizières, seigneur de Cuinchy, Lignereuil, Berlencourt. Chevalier et Commandeur de l’Ordre d’Alcantara, maréchal des camps et armées du roi d’Espagne, inspecteur général de la cavalerie pendant la guerre de Succession d’Espagne.
Élu en 1747 pour succéder à Alard-Ignace-Claude des Lyons de Pelves sur le 9e fauteuil, il est remplacé en 1759 par Louis Albert Bayart (1717-1781), procureur au Conseil d’Artois.
Fils de François-Louis-Balthazar, comte de Gomiécourt, baron de Lagnicourt et député de la noblesse des États d’Artois et d’Anna-Joseph de Léon, Gomiécourt est un noble d’Artois « recréanté » bourgeois d’Arras le 6 octobre 1699.
Il sert dans la cavalerie et, passé en Espagne en 1704 pendant la guerre de succession d’Espagne, il participe à la bataille de Villaviciosa en 1710, devient chevalier et commandeur de l’Ordre militaire et religieux d’Alcantara, maréchal de camp, maréchal général des Logis et inspecteur général de la cavalerie d’Espagne. Il épouse en Espagne Jeanne-Philippine de Salzedo, dame de palais de la reine.
Un acte notarié daté du 15 janvier 1732 le localise à Paris dans la paroisse Saint-Sulpice.
Il s’installe à Arras à une date indéterminée. Il vient en 1735 fixer sa résidence d’été au château de Lignereuil. Il y perd sa fille ainée. Poursuivi par ses créanciers, après de longues et difficiles négociations, il vend en 1739 son hôtel d’Arras au Magistrat (nom collectif englobant le mayeur, l’échevinage, les officiers permanents de la ville et les échevins de l’année précédente) qui en fait l’hôtel du Gouverneur. Son père avait acheté en 1679 ce vieil hôtel à Eugène de Noyelles, marquis de Lisbourg. L’hôtel, visible sur le plan-relief de 1716 était composé de trois corps de logis à pignons sur rue.
Son épouse décède à Arras, en sa paroisse de Saint-Nicolas-en-l’Âtre le 21 juin 1743, âgée de 60 ans. Elle est inhumée le lendemain dans l’église du couvent des Clarisses à Arras, en présence de Léonard Hyppolite de Laroque, maître de camp d’infanterie, lieutenant et commandant au gouvernement d’Arras, et de Louis Eugène de Béthune, comte de Saint-Venant.
C’est après toutes ces aléas qu’il entre à l’Académie d’Arras en 1747. Il prononçe son discours de réception « avec toute la décence, la noblesse et l’éloquence possible pour un homme de son rang, de son âge [69 ans] et de son état ». Il semble bien que son rôle à l’Académie se soit limité à cet exploit. Il en demeure membre jusqu’à son décès en 1754, et il n’est remplacé qu’en 1759.
Il décède à Amiens (paroisse Saint-Rémy) le 1er avril 1754, âgé de 78 ans, et il est inhumé le lendemain dans l’église des Carmes, en présence de son gendre François Alexandre comte de Rune, seigneur de Bézieux et autres lieux, et de Léonard Christian de Monjuré.
Sources
État civil : décès, AD 80, 5 MI_D147, p. 438/476 ; décès de son épouse, AD 62, 5 MIR 041/25, p 307 /1450.
AN, Y4475, Registres de tutelles, 15 janvier 1732 acte notarié Paris (Paris, France) | 01/01/1732 - 31/01/1732 |.
DUMONT, Recueil généalogique de familles originaires des Pays-Bas, tome second, Rotterdam, 1775.
VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l'Académie d'Arras, 1872, p. 31, 67, 70-71, 224, 234.
Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 414, 417.
Dictionnaire historique et archéologique du Pas-de-Calais, arrondissement d’Arras, t. 2, 1875, « Gomiécourt », p. 96-97.
DU PEAGE Paul-Denis, Notices généalogiques sur quelques familles d’Artois et de Flandres, 1951.
NOLIBOS Alain et TILLIE Michel, Un exemple de conflit politique à Arras au XVIIIe siècle : la construction de l’hôtel du gouverneur. Bulletin de la Commission départementale d’histoire et d’archéologie du Pas-de-Calais, T. XXII, 2004, p.47 à 68.
DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », 2007, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 15.
Agnès et Gérard Devulder