Edmond LECESNE
Edmond LECESNE

Élu au début de l’année 1853, sous la présidence de François Parenty, pour succéder à l’abbé Faustin Fréchon sur le 16e fauteuil, il est reçu le 19 mai 1853 par le président. Il est lui-même trois fois président de l’Académie, de 1858 à 1862, de 1868 à 1872, et de 1881 à 1885. Il est remplacé en 1895 par Gustave Acremant.

Il est le fils de Bienheureux Désiré François Réel Lecesne, (Falaise 28 01 1771- Arras 29 09 1827) et de Catherine Mélanie Dufour (Arras 21 11 1790-Arras 06 02 1877). Son père, polytechnicien, capitaine ingénieur géographe, ancien de l’expédition d’Égypte (1798), fut chargé sur sa demande de la triangulation du département du Pas-de-Calais, il vint s'installer définitivement à Arras où il est décédé le 29 septembre 1827. Sa mère était la fille d’un important fabriquant négociant en dentelles d’Arras.

Brillant élève au collège d’Arras, Edmond Lecesne, termine ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand à Paris, puis fait son droit. Diplômé de l’université, il rentre à Arras et il s’inscrit au barreau comme avocat stagiaire en 1835.

Le 30 juillet 1835, il épouse à Arras Adélaïde Louison Julie Aurélie Crespel, (Lille 30 06 1813- ? ) fille de l’industriel Louis Crespel, membre de l’Académie d’Arras, et d’Adélaïde Delisse.

La révolution du 24 février 1848 transforme le juriste en homme politique. Connu pour son caractère ardent, son esprit cultivé et son libéralisme, il est nommé conseiller de préfecture le 3 mars 1848 par Frédéric Degeorge (éphémère préfet du Pas-de-Calais du 29 février au 8 juin 1848. Il est confirmé dans ce poste par le préfet Édouard Degouve-Denuncques le 13 septembre suivant, puis devient secrétaire général de la Préfecture jusqu’à sa démission en 1851.

Il se présente alors aux élections municipales et il est élu au premier tour des scrutins des 24 et 25 juillet 1852, Il sera constamment réélu jusqu’en 1869. Second adjoint au maire d’Arras Hippolyte Plichon (académicien d’Arras depuis 1848) en 1853, premier adjoint de 1854 à 1870, il cumule les délégations : administrateur de la Caisse d’Épargne, délégué communal et cantonal pour l’enseignement primaire, délégué au bureau d’assistance judiciaire, membre du Conseil académique et de la commission des examens, du comité d'inspection de la Bibliothèque, du conseil de perfectionnement du Collège d'Arras. En outre, membre de la — Société des Amis des Arts, il la préside pendant six ans.

La fin du Second Empire met fin à sa carrière politique. Il peut consacrer tout son temps aux études historiques qui le passionnent depuis son accès à l’Académie d’Arras.

Il y est admis en 1853, fort de l’appui de ses amis politiques Frédéric Degeorge, Hyppolite Plichon et Antoine Luez, de son beau-père Louis Crespel, de ses nombreux amis… Il vient alors s'asseoir auprès de ses illustres amis: MM. d'Héricourt, Harbaville, Parenty, Godin.., ; il se sent à l'aise dans une Société qui a le culte du beau et du bien. Il veut, lui aussi, prendre une part active à ses utiles travaux, et il passe aisément de la jurisprudence à l’histoire, à la littérature et à l’archéologie. Il ose affirmer, dans son discours de réception :« La science de l’histoire n’est plus le privilège de quelques intelligences d’élite »

Académicien pendant quarante-deux ans, « L'un des plus laborieux dans cette assemblée d'écrivains, il ne recule devant aucun genre d'études : philosophie, histoire, questions de droit, rien n'échappe à ses puissantes investigations ; notre vieux langage l'attire, … … Les fêtes du Centenaire de l'Académie lui fournissent, l'occasion de se révéler comme poète, et au banquet du 19 novembre 1874, il lit une pièce de vers charmante où l'esprit pétille »

Trois fois rapporteur des concours, il savait encourager les jeunes talents, mais se montrait impitoyable pour les auteurs médiocres et sans goût dont les compositions « sont surchargées d'ornements parasites ».

Trois fois président, il est un de ceux qui éloignent l’Académie du terrain physiocratique puis saint-simonien de l’utilité publique qui avait été sa marque originale à la fin du XVIIIe siècle et dans le premier tiers du XIXe siècle. Le renouvellement des membres y contribuant, l’académie s’oriente davantage avec lui vers les questions intellectuelles et artistiques, la littérature, la poésie, l’histoire, la science théorique, les beaux-arts.

Président, il exprimer, de 1860 à 1884, ses priorités dans les huit discours d’ouverture des séances publiques qu’il préside.

Président, il « reçoit », de 1861 à 1888, dix nouveaux académiciens et répond à leurs discours de réception : le baron  Gustave de Sède, le chanoine Eugène Van Drival, l’avocat, historien et critique d’art Constant Le Gentil, le chanoine Désiré Planque, le magistrat Hippolyte Gardin, le chanoine Clovis Envent, l’érudit Adolphe de Cardevacque, l’industriel et notable Henri Trannin, le magistrat Emmanuel Petit, l’historien et collectionneur Victor Barbier..

Président, il prononce, de 1860 à 1885, six oraisons funèbres sur la tombe d'académiciens disparus : le colonel Répécaud, l’ancien magistrat et homme politique Timotée Cornille, le chef de division à la Préfecture Auguste Parenty, l’ancien magistrat Louis Watelet, le juge et collectionneur Henri Colin, le photographe et critique d’art Jean  Grandguillaume.

Dévoué à la chose publique, et à l’Académie d’Arras, Edmond Lecesne a été un acteur important de la vie arrageoise dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

Veuf, il décède le 14 février 1895, âgé de quatre-vingt-un ans, en son domicile arrageois de la rue des Quatre-Crosses.

Chevalier de la légion d’honneur au titre du Ministre de l’Intérieur11 juillet 1864

Officier d’Académie 16 mars 1865, officier de l’Instruction publique, 19 janvier 1881

 

Publications  dans les Mémoires de l'Académie d'Arras

  1. Études historiques

Un procès criminel au XVIIe siècle, le procès de Saint-Preuil, MAA, 1ère série, t. XXVII (1854), p. 251-270.

Considérations sur l’Empire romain, MAA, 1ère série, t. XXVIII (1855), p.123-146.

Notice sur Commius, chef des Atrébates, MAA, 1ère série, t. XXVIII (1855), p.195-224.

Étude sur Nicolas Gosson, avocat, MAA, 1ère série, t. XXIX (1857), p. 19-48.

Les commentateurs de la Coutume d’Artois, MAA, 1ère série, t. XXXII (1860), p. 190-212.

Administration du cardinal de Grandvelle dans les Pays-Bas, MAA, 2e série, t. III (1869), p. 73-136.

Le logement d’un Gouverneur d’Arras, MAA, 2e série, t. IV (1870), p. 126-162.

L’abbé Prévost et ses principaux ouvrages, MAA, 2e série, t. V (1873), p. 77-157.

La trahison de Robert d’Artois, MAA, 2e série, t. VI (1874), p. 325-440.

Le Congrès d’Arras en 1435, MAA, 2e série, t. VII (1875), p. 126-162.

L’élection des députés du Pas-de-Calais à la Convention, MAA, 2e série, t. VIII (1876), p. 147-188.

Le comte de Montdejeux, MAA, 2e série, t. IX (1877), p. 257-314.

Plantation de l’arbre de la liberté à Arras en 1792, MAA, 2e série, t. X (1879), p. 285-302.

L’assassinat de Guillaume d’Orange, (1584), MAA, 2e série, t. XII (1881), p. 254-272.

Le roman de Mélusine, MAA, 2e série, t. XIX (1888), p. 93-176.

Le patois artésien, MAA, 2e série, t. XX (1889), p. 168-260.

Arras démantelé, MAA, 2e série, t. XXIII (1892), p. 56-60.

La faïençomanie, MAA, 2e série, t. XXV (1894), p. 109-113

  1. Discours de circonstance

Discours de M. Lecesne, lors de sa réception à l’Académie d’Arras, MAA, 1ère série, t. XXVII [1854], p. 95-116.

 

Rapport sur le concours de poésie(1856 et 1857), et le Procès de Jéhova, poème couronné, MAA, 1ère série, t. XXX [1858], p. 101-114.

Rapport sur le concours d’histoire lors de séance publique du 22 août 1867, MAA, 2e série, t., II [1868], p.37-50.

Rapport sur le concours de poésie, le 19 août 1875, MAA, 2e série, t., VIII [1876], p.19-36.

 

Discours d’ouverture de la séance publique du 23 août 1860, MAA, 1ère série, t. XXXIII[1861], p. 7-12.

Discours d’ouverture de la séance publique du 21 août 1862, MAA, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 5-22.

Discours d’ouverture de la séance publique du 20 août 1863, MAA, 1ère série, t. XXXVI [1864], p. 7-22.

Discours d’ouverture de la séance publique du 20 août 1868, MAA, 2e série, t., III [1869], p. 7-14.

Discours d’ouverture de la séance publique du 22 août 1871. MAA, 2e série, t., V [1873], p.7-14.

Discours d’ouverture de la séance publique du 26 août 1881, MAA, 2e série, t., XIII [1882], p. 7-14.

Discours d’ouverture de la séance publique du 25 août 1882, MAA, 2e série, t., XIV [1883], p. 7-18.

Discours d’ouverture de la séance publique du 21 août 1884, MAA, 2e série, t., XVI [1885], p. 7-21.

 

Réponse au discours de réception de M Gustave de Sède, MAA, 1ère série, t. XXXIII[1861], p. 57-66.

Réponse au discours de réception de M. l’abbé Van Drival , MAA, 1ère série, t. XXXIV [1862], p. 39-54.

Réponse au discours de réception de M. le Gentil, MAA, 1ère série, t. XXXVI [1864], p. 207-228.

Réponse au discours de réception de M. l’abbé Planque, le 18 août 1869, MAA,  2e série, t. III [1869], p. 149-160.

Réponse au discours de réception de M. Gardin, MAA, 2e série, t., V [1873], p.42-53.

Réponse au discours de réception de M. l’abbé Envent le 23 août 1872, MAA, 2e série, t., V [1873], p.391-405.

Réponse au discours de réception de M. de Cardevacque, MAA, 2e série, t., XIII [1882], p. 33-43.

Réponse au discours de réception de M. H. Trannin le 24 août 1883, MAA, 2e série, t., XV [1884], p. 27-44.

Réponse au discours de réception de M. Emmanuel Petit le 26 février 1885, MAA, 2e série, t., XVI [1885], p. 232-249.

Réponse au discours de réception de M. V. Barbier le 24 août 1888, MAA, 2e série, t., XX [1889], p. 66-82.

 

Paroles prononcées sur la tombe de M. Répécaud, MAA, 1ère série, t. XXXII |1860], p. 319-324.

Paroles prononcées sur la tombe de M Cornille, MAA, 1ère série, t. XXXIII[1861], p. 299-304.

Discours prononcé sur la tombe de M. Parenty, MAA, 2e série, t., II [1868], p. 341-345.

Paroles prononcées sur la tombe de M. L. Watelet, MAA, 2e série, t., III [1869], p.335-338.

Paroles prononcées sur la tombe de M. Henri Colin, MAA, 2e série, t., XV [1884], p. 518-521.

Paroles prononcées sur la tombe de M. Grandguillaume, MAA, 2e série, t., XVI [1885], p. 426-428.

Autres publications

L'Élection des députés du Pas-de-Calais à la Convention, Arras, 1876

Histoire d’Arras depuis les temps les plus reculés jusqu’en 1789, Arras, 1880.

Histoire d’Arras sous la Révolution,  en trois volumes, Arras (1882-1883).

Sources

État civil : naissance, AD 62, 5 MIR 041/33, p. 1321/1418 ; mariage, AD 62, 5 MIR 041/45, p. 487/1368 ; décès, AD 62, 3 E 041/526, p. 16/111.

PARENTY François, « Réponse au discours de réception de M. Lecesne », Mémoires, de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXVII [1854], p. 133-135.

DERAMECOURT Augustin, « Paroles prononcées sur la tombe de M. Lecesne », Mémoires, de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XXVI [1895], p. 67-70

ACREMENT Gustave, M. E. Lecesne. Notes biographiques,1896

PARSIS BARUBÉ Odile, « Entre savoir et curiosité : l’évolution des préoccupations intellectuelles de l’Académie d’Arras (1817-1870) », in « Arras , le savoir et la curiosité, Aspects de la vie culturelle dans une ville préfecture au XIXe siècle », Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série, t. III [2000], p., p. 237-252.

PARSIS BARUBÉ Odile, « L’invention du département comme exercice intellectuel : les discours sur l’espace et le temps dans les Annuaires du Pas-de-Calais, du Consulat au Second Empire » in « Arras , le savoir et la curiosité, Aspects de la vie culturelle dans une ville préfecture au XIXe siècle », Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série, t. III [2000], p.52,

PARSIS BARUBÉ Odile, « Des historiens dans la ville : structure et représentations du groupe chez les érudits arrageois du XIXe siècle », in in « Arras , le savoir et la curiosité, Aspects de la vie culturelle dans une ville préfecture au XIXe siècle », Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série, t. III [2000], p.89, 92, 102, 105-107, 112, 113, 115, 117